Retranscriptions de l’université B.C, Feuillet 8

L’homme s’exclama :

 » Allons, quoi ! Ivy, tu as perdu la tête ? Pourquoi est-ce que tu sers ce type ? On sait rien sur lui, sauf qu’il était le

seul à connaître celui qui s’est fait descendre ! Tu vas quand-même pas lui dire où est not’ vieux Marvin, il ira le zigouiller ! »

 » Tu es une brute, Paul, répliqua madame Smith avec le plus grand sang-froid. Tu es chez moi ici et si la façon dont je m’occupe de mes clients ne te convient pas, alors fiches le camp et que je ne te revois pas avant que tu ais dessaoulé ! »

Paul se leva, furieux, son voisin de table tentant vainement de le retenir, et s’approcha de madame Smith lentement. Elle ne bronchait pas, immobile et droite devant cet homme qui la dépassait de presque deux têtes. Une main sur la hanche, l’autre appuyée contre le rebord de ma table, elle le fixait avec fierté.

 » Qu’est-ce que tu dis ? » Lâcha l’homme dont le visage s’empourprait de seconde en seconde.

Les autres commençaient à se sentir mal à l’aise, se jetant des coups d’œil interrogateurs ou inquiets, interdits sur leurs chaises. L’un murmura « Paul, ça va, reviens. ». Un autre toussa, mais Paul continuait de s’avancer dangereusement.

 » Je dis que tu me dois le respect dans mon établissement, à moi et à n’importe quel client qui y est. » Répondit madame Smith sans un écart dans la voix.

Un autre homme essaya encore, un peu plus fort cette fois : « Allez Paul, fais pas l’idiot. ». Je ne sais pas si ce qui se passa ensuite était l’œuvre de l’excellente bière de cette bonne madame Smith, ou si je fus pris d’un élan chevaleresque soudain, mais je sentis une montée d’adrénaline m’envahir en une fraction de seconde lorsque l’autre leva la main sur la femme qui m’avait témoigné tant d’affection. Sans véritablement comprendre comment j’étais passé de la position assise à celle de debout, mais en un instant très bref, j’empoignais Paul par la gorge et le jetais à terre. Je réussis à le maîtriser sans la moindre difficulté et il se retrouva sur le ventre, son bras sacrilège derrière le dos que je maintenais fermement. Les autres s’étaient levés d’un bond, hésitant à porter secours à leur ami, mais ils n’avancèrent pas lorsque je pris la parole :

 » Vous devriez tenter de recouvrer vos esprits, monsieur. Je ne tolèrerais pas que l’on se conduise de la sorte envers une femme aussi estimable que la dame ici présente. Dès lors que vous serez calme, je lâcherais prise et vous vous empresserez de présenter des excuses plus sincères encore que si vous étiez à confesse. Après quoi, vous serez libre de douter de mon intégrité comme il vous plaira, mais en attendant, et je resserrais mon étreinte, n’avisez plus jamais de manquer de respect à une femme. Nous sommes-nous bien compris ? »

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