Retranscriptions de l’université B.C, Feuillet 7

Journal de Charles Lawrence Grey 12.04.86

Je joue de malchance dans ce maudit village. Il est pratiquement 21h00 et je n’ai réussis à trouver aucun capitaine de navire qui serait partant. Ce fut un véritable échec, la seule personne qui a daigné m’adresser la parole n’était autre que cette bonne madame Smith. Les habitants m’ont pris en grippe. Je suis certain qu’il y en a parmi eux qui me croient coupable de ce crime atroce. Hélas, je ne puis prouver être resté dans ma chambre toute la nuit ! D’autant plus que je fus le dernier à voir Porshe vivant. Si je devais être impliqué dans cette histoire, ce serait un terrible coup du sort. L’hostilité que j’ai ressentie était palpable, personne ne voudra m’aider. Je ne vais pas avoir le choix, il faut que j’aille trouver Marvin et tout lui expliquer.

 

Journal de Charles Lawrence Grey 13.04.86

La nuit fut très difficile et éprouvante, je n’ai que très peu dormi mais je vais tenter de relater les faits avec précision. Hier soir, je décidais de m’entretenir avec le vieux Marvin, dans l’espoir de le convaincre de ma bonne foi et surtout qu’il me disculpe face aux autres habitants de ce maudit village. La très bonne madame Smith, qui doit bien être l’incarnation d’un ange, cette sainte femme m’a indiqué le logement de Marvin. Elle est convaincue de mon innocence et n’a d’autre souci que de me rendre le séjour le plus agréable possible. Je n’ai donc pu quitter le pub qu’après y avoir engloutit un repas qu’elle avait préparé spécialement pour moi, à grand renfort de bière dorée. Tout en m’amenant un bol de soupe, puis un steak de thon avec ses pommes de terre rissolées, elle me répétait :

 » Voilà un garçon qui ne mange pas assez ! Tous les mêmes ces célibataires. Ha, si votre mère voyait ça ! Que dirait-elle ? Elle dirait que la vieille Ivy ne nourrit pas son fils et qu’elle le laisse mourir de soif ! Allez, ne faites pas de manières, finissez-moi les patates. Là, vous voyez que ça fait du bien ? Pauvre garçon ! Je vais vous remplumer un peu. Un archéologue, ça ? Il a même pas de quoi faire tenir ses lunettes sur son nez !  »

Je dois avouer que tant d’attentions, aussi maladroites fussent-elles, me réchauffaient le cœur et je mangeais avec grand appétit. Le pub était pratiquement vide et seuls quelques habitués, rassemblés en deux groupes de trois, restaient devant leurs choppes, fumant et discutant à voix basse tout en lançant des œillades courroucées à la tenancière. J’osais, à la fin du repas, lorsqu’elle m’apporta une tasse de thé fumante et une assiette de biscuits, lui demander le chemin pour trouver le logement de Marvin. Mais avant même qu’elle puisse me répondre, l’un des hommes attablés près de la porte frappa du poing sur la table. Un silence de mort s’en suivit, les mines se renfrognèrent et madame Smith posa fermement le thé devant moi.

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