L'OURSE A PLUMES

auteure - illustratrice - chasseuse de trésors
Récit d'aventure

Retranscriptions de l’université B.C, Feuillet 10

Lorsque nous fûmes arrivés, elle posa l’eau près de mon lit et repartit, mais je l’arrêtais :

 » Je vous suis très obligé, madame, de toutes les bontés que vous me témoignez. Sachez bien que je comprends pleinement la méfiance des habitants face à un étranger dans ma situation, et je ne blâmerais pas Paul de ce coup qu’il me porta tout à l’heure. Mais je ne peux m’empêcher de rejoindre son point de vue sur un fait, pourquoi vous montrez-vous aussi aimable et protectrice envers moi ? »

Madame Smith s’approcha de moi, regarda autour d’elle puis murmura :

 » J’ai vu ce pauvre garçon quand il est venu vous chercher la nuit dernière, je suis venue lui ouvrir. De toute façon j’ devais me lever plus tôt pour vous préparer vot’ petit déjeuner. Pendant qu’il était monté vous voir, j’ai vu que plusieurs bougies étaient fondues. »

 » Des bougies ? »

 » Oui, vous savez, celles que j’ mets sur les tables. Les gens aiment bien et c’est joli, mais elles se consument vite et ça m’arrive d’oublier d’ les changer avant d’aller dormir. J’ les range dans une petite cabane à l’extérieur, c’est une deuxième réserve pour tout c’ qui n’est pas d’ la nourriture ou d’ l’alcool. »

 » Je ne comprends pas… »

 » Attendez, écoutez-moi. J’ déteste laisser les choses en plan, si je sais qu’y a quelque chose qui traine, j’arrive pas à dormir et comme le jeune homme m’avait dit que finalement vous partiez plus, j’ serais allée me recoucher sans ces fichues bougies. Donc, j’ai attendu qu’il redescende pour sortir. Y avait pas mal de vent, alors j’ai mis mon gros châle noir, celui en laine que ma mère m’avait donné et je suis sortie. Et vous le croirez jamais, mais j’ai vu Porshe quand il est mort. »

 » Que dites-vous ? »

 » C’est pour ça que je sais que vous êtes innocent. »

 » Mais, enfin, pourquoi n’avoir rien dit à la police ? Pourquoi n’avoir pas identifié le meurtrier ? »

 » Parce que je le connaissais pas, et surtout parce que ça a sûrement un rapport avec des choses pas très claires qui se passent ici depuis quelques temps. Mais ça, je saurais pas vous en dire plus, c’est Marvin qui connait ces affaires-là. Alors, vous devez aller le voir et lui expliquer tout ça, et surtout, vous lui dites bien que le type que j’ai vu, il portait un paquet. »

 » Un paquet ? »

 » Oui, allez vite, dépêchez-vous. Mike vous attend. »

Elle quitta ma chambre, me laissant à mes interrogations. Néanmoins, je me hâtais de me rendre présentable et rejoints rapidement mon guide. Lorsque nous sortîmes, le froid me mordit cruellement les membres et les remous des vagues avaient quelque chose de menaçant dans cette atmosphère nocturne. Mike pressait le pas, il n’avait visiblement pas plus envie que moi de rester dehors par un temps pareil et je le suivais sans m’en faire prier.

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