Jan Vuijk

Pur produit de l’École des Beaux-Arts, le nu féminin se pense et se construit en accord avec les canons occidentaux en suivant les courbes du modèle qui pose devant le maître. Vuijk02

Une éducation plastique dont l’art contemporain tente désespérément de se défaire, sans pour autant pallier au poids disciplinaire indiscutable qu’elle ajoute au geste du peintre.

 

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« Faites les choses avec désinvolture, faites croire que vous l’avez fait facilement même si ce n’est pas vrai ».

Voilà ce que disait un certain Castillon sans imaginer un seul instant que le XXIème siècle s’illustrerait de flagorneurs faisant passer leurs infâmes croûtes pour des œuvres d’art. Mais à l’instar de ces sinistres farces, un brillant élément donne à cette citation, une toute autre dimension. De l’étoffe des poètes maudits, Jan Vuijk n’est pas un artiste.

Il est la main du peintre, l’œil de l’anthropologue et le sourire de l’intellectuel complice. Vuijk04 Ce hollandais aux yeux clairs nous fait redécouvrir le charme français teinté des années 1940, que l’on pleurait, le croyant définitivement éteint.

Dans un mouvement perpétuellement contenu par le trait du fusain, les figures suaves se meuvent et se languissent sur fond d’un souvenir immuable de l’artiste.

Il s’approprie son sujet qu’il choisit avec une lueur de tendresse avide au fond des yeux et fait vibrer le trait seul. La couleur prend une dimension spirituelle sous les gestes de ce peintre amoureux, amoureux de l’art pour ce qu’il est, dans son entier et avec toutes les beautés qui en émanent.

Au détour du décor urbain, armé de carnets et des mines de plomb, Jan Vuijk croque à pleines dents dans les images que la société actuelle lui offre.

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Des choix hasardeux, on pourrait le croire, jusqu’à ce que l’héritage cubiste géométrise le trait du peintre et donne à son œuvre le dynamisme de la culture moderne.

Des instants de vie, un regard acerbe et juste, l’adaptation de l’art au contexte sociétal dans lequel il puise la modernité de ses matériaux, ce ne sont que des piètres mots pour imager les techniques de ce peintre émerveillé par ses sujets.

Poète de la forme, Jan Vuijk redéfinit « l’artiste » en rappelant que la discipline est son unique maîtresse, un cri qui semble bien faible aux oreilles d’une génération convaincue de son génie illusoire faisant fi des muses au profit d’un décorum superficiel.

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