L'OURSE A PLUMES

auteure - illustratrice - chasseuse de trésors
Expression libre

Insomnie, cigarette et un grand T

… ok.

Je suis restée deux minutes devant cette page blanche jusqu’à ce que je me dise : non seulement tu flingues ta santé à ne pas dormir mais en plus t’es même pas foutue de mettre ce temps à profit et d’écrire un peu ?

Du coup j’ai commencé avec cette intro. En espérant que vous ne m’en voudrez pas.

De quoi je pourrais vous parler ?

Délire nombriliste ? On connait ça, nous les auteurs (haaaa putain l’auto-kiffe !) mais je sais pas y a rien qui vient.

Je pourrais vous parler de trucs plus personnels, en mode journal intime et tout ça mais soyons réalistes : qui sur cette planète, ça peut intéresser ?

… … ok.

Avant de griller ma 8e cigarette depuis ces deux dernières heures, je me suis dit « bah… tente d’écrire un truc »

J’ai quand-même allumé une clope.

… … … ok.

Et si j’osais ?

… … … allez.

 

Je ne sais pas ce que c’est. Je m’en doute, un peu. Non, en vrai je m’en suis à peine rendue compte au début. Un tout petit peu doutée après. Puis la question se précise. Sans être adulte tout à fait, je ne suis plus une gamine alors je commence à comprendre de quoi il retourne.

On se ressemble tellement que ça me fait peur. Pas pour nous, mais pour toi. Je n’ai jamais souhaité à qui que ce soit d’être comme moi. Mais tu es tellement plus fort. Tellement plus.

Tu es tellement grand qu’un seul mouvement d’épaule balaye mes doutes, jusqu’au plus petit grain de fiel qui pourrait me faire mal au cœur. T’as rien à faire à part être toi et c’est dingue comme ça surprend.

Je ne croyais pas que ça existait. Qu’un « toi », celui avec le grand « T » tu sais ? Celui qu’on ne peut plus remplacer une fois qu’il a germé.

Le grand « T », celui qui rend plein d’autres lettres possibles… jusqu’à former des mots qu’on n’utilise qu’au futur. C’est le temps de ceux qui sont sûrs.

J’ai plus besoin d’aller vite. Je me noyais depuis des années et toi en deux secondes tu m’amènes sur la rive. J’allais sombrer, j’étais morte à force de me battre contre le courant. Contre ces gens qui me maintenaient le crâne sous l’eau. Je suis au sec, de l’air dans les poumons et tes bras qui me font oublier.

C’est la première fois que je trouve ce dont j’ai besoin dans un regard. Pas la peine de chercher, tu as la réponse à chaque fois. C’est toi le « 42 » en fait ? Continues comme ça, et j’appelle la NASA.

T’as la seule barbe au monde qui ne me pique pas. T’es le seul mec au monde dont le sourire ne m’alerte pas.

T’es le seul « toi » dont je comprends la langue et qui comprend la mienne. J’ai pas besoin de dictionnaire, pas besoin de chercher loin dans ma tête, de fouiller mes souvenirs, de chercher à m’en rendre malade pour savoir ce que tu as voulu dire.

J’ai juste à être moi, parce que c’est tout ce que tu veux. J’ai pas besoin de m’organiser, de sacrifier quelque chose, de faire des efforts ni de marcher sur des œufs.

Tellement grand… que tu m’as mise à l’abri de toutes ces conneries.

J’ai même pas besoin de douter, en vrai. J’ai pas tellement de questions à me poser. Si peut-être maintenant, au début, histoire d’être sûre que c’est pas un mirage prêt à se dissiper dès que je m’y serais posée. Juste pour ne pas être déçue.

Et même là, y a une voix qui me dit que c’est superflu.

Comment tu fais ?

Dès que je suis dans le noir tu illumines toute la pièce. Même mes démons n’osent plus approcher, je les rosse tous depuis que je t’ai rencontré.

J’ai les idées claires et j’ai rien à demander, la brume se dissipe quand je suis à tes côtés. Les voiles du doute, des craintes et de la mésestime se mettent à cramer. T’as rien à faire, juste à me regarder.

Je vois des réponses à des questions que je n’osais même plus poser.

Tellement fort que ça déborde sur moi. Et ça ne te dérange même pas.

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