Dossier de presse Christophe Abadie

Au plus fort de sa ligne, efficace et déchirante, la peinture s’émancipe d’un académisme fatigué, pour nous lancer sa rage et sa fureur au visage. Sous les caresses du pinceau, la toile gémit de sa plus belle voix, toute la souffrance de l’homme devant l’oppression.Abadie02

Retranscrire l’horreur d’une vérité violente et absurde, Christophe Abadie s’illustre dans sa prouesse à l’image de certains Dix, Beckmann ou Grosz qui l’avaient fait avant lui.

La forme finit par jaillir dans ce trop-plein d’émotions profondes qui nous laisse sans voix.

Alors que nos lèvres s’apprêtent à s’ouvrir, la toile nous coupe la parole et nous jette sans ménagement dans la douleur de sa narration.

Abadie03Par une technique mixte absolument maîtrisée, l’artiste se plaît à laisser ses œuvres mener la danse du message qu’elles véhiculent, sous couvert de la couleur ardente. La profondeur des idées de résistance, de tensions et de souffrances, est le reflet du rapport de l’artiste avec sa toile. L’ardeur suave de la peinture à l’huile donne le ton de la discussion entre ces deux forces qui se heurtent et s’exècrent avec une passion sourde sous les éclaboussures de bombes.

Condamnation rhétoriques de ce concept qui bafoue la morale ou explosion dévastatrice d’une empathie absolue?

Abadie04Le bleu déshumanise l’oppresseur affublé de ce marque de mort, qui n’est pas sans rappeler les visions cauchemardesques des tranchées allemandes.

Dans une élégance mystique, Christophe Abadie décharne la nature de l’homme sans hésitation ni états d’âmes.

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Il met à nu l’instant primaire et sauvage, qu’il applique aussi bien au caractère animal, où la bête résiste et triomphe de la main humaine. Elle s’émancipe et redevient soumise à ses propres lois de violence et de combat.

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C’est avec obsession que l’artiste attaque ses œuvres miroirs de ses propres émotions qu’elles s’approprient à l’image d’un Pygmalion contemporain.

Qu’importe le temps de latence que les toiles lui imposent, un symbole dispose de l’éternité.

La galerie Kuryos se fait entendre sur la scène expressionniste pour le temps de cette exposition d’automne et joue la carte d’un esthétisme vrai dans la coutume de sa trame graphique.

La violence est démasquée et, guidés par un classicisme rassurant, nos yeux portent un regard nouveau sur la constatation sociétale dans l’art.

Christophe Abadie quitte Paris pour Bordeaux, un défi de taille pour la galerie Kuryos, bien déterminée à présenter ce géant en devenir aux amateurs avertis.

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